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Un jour, enfin débarrassé du vent glacial qui me collait aux pneus, j’entreprends de gravir les cimes à bord de mon drôle d’engin à mi chemin entre un scooter et un tank. Par un doux rayon de fin de journée, j’arrive à Megève. Je m’amuse beaucoup à regarder la tête des gens lorsqu’ils voient cette improbable machine se frayer un passage dans la neige fondue. (par la suite je n’aurai pas toujours l’aide du soleil et je découvrirai les joies de la glisse). Mais là pour l’instant, je maîtrise et une fois franchi les derniers mètres de côtes abruptes. |
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| Je rejoins quelques visages amicaux, parmi lesquels je passerai nouvel an et quelques jours de détente bien mérités après les étapes d’Uzès et Meyrueis, avant de me mettre au travail pour une troisième étape placée sous le signe du froid et de la neige. |
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| C’est
grisant la montagne me dit Jérôme, et il a raison ; lorsque
le soleil étend ses derniers rayons sur les sommets, les habillant
ainsi de rose tandis que dans la vallée, toute bleuie, tout s’assombrit,
entre les arbres, tombe le froid, et à mesure que s’illumine
le festin chaleureux, notre esprit, tout au soleil tranquille, l’alerte
du corps qui s’engourdit. |
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| A propos peut être vous vous posez la question : Comment peut-on peindre dehors lorsqu’il fait -5c°, que votre palette et votre pinceau restent collés ensemble comme deux touristes amoureux au pôle nord ? |
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| Et
tout d’un coup, voilà ce qu’ils voient apparaître
sur la place sans prévenir : Un drôle d’engin et un
hurluberlu qui peint et discute peinture avec tous les gens en manteau
de fourrure ou chaussures de ski. (Je n’évitais que ceux
qui étaient en maillot de bain.) Mais trêve
de divagations, retrouvons V i n c e n t S o l è m e (ce qui veut
dire : Retrouvons moi)…(c’est que, d’ici peu nous aurons
droit à la prose de Mélissa pour vous conter les aventures
de l’Atelier-Roulant, ainsi à part de brèves citations
hautes en couleur, tout sera à la troisième personne. Le
but est de limiter mes salades aux ‘news’, et d’ainsi
pouvoir me consacrer surtout à mon travail, là c’est
juste pour que vous n’arriviez pas sur un site totalement vide.
Le site dans son ensemble est d’ailleurs en cours de construction.
Quand il sera fini, vous le saurez ; ce sera quand vous prendrez votre
clavier pour un volant et votre souris pour un pinceau. |
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Tentant de trouver un endroit pour habiter, si possible gratuitement, dans une station huppée, en pleine saison touristique. (ben quoi vous vouliez de l’aventure…en voilà). Les dix centimètres de neige ne font pas peur au petit véhicule surchargé et Vincent fait vombrir de toute sa puissance son moteur 50 cm3 pour éviter de redescendre en glissade et se gare devant le restaurant ‘le Délicium’ côte à côte avec un gros 4x4, probablement celui du patron. Tentant de paraître le plus décontracté possible, il entre donc dans le huitième établissement et douzième maison, pour voir s’il n’y aurait pas une chambre. Toutes sont occupées par le personnel, mais sensible à la démarche il fait tout de même l’effort de demander à sa femme et de réfléchir un peu. Il répond donc par la négative :<<…mais prenez un café, c’est pour la maison.>> L’artiste s’assied, reconnaissant, il dissimule avec peine un désespoir naissant. Se concentrant sur la douce chaleur du café il entend vaguement le patron parler de son barman qui chercherait un colocataire. |
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Vincent étudie le jeune homme derrière le bar, Alex, le jeune homme derrière le bar étudie Vincent. Il est breton et cherche quelqu'un de fiable pour partager le loyer, pourtant ce jeune homme à la mine sérieuse, mais à l’attitude décontractée semble intrigué par ce que fait ce baroudeur. Il ne se doute pas encore qu’il sera quelques mois après, l’auteur compositeur interprète, des dix chansons qui composent l’album de l’Atelier roulant. Non pour l’instant il est derrière le bar et moi devant. Comme il aime bien ce qu’il soupçonne, il accepte que je paie quand je peux cinq euros par jour. |
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Ainsi débute cette étape, jalonnée comme je le disais, de stalactites de glace, mais aussi de bretons bienveillants car ce n’est pas un hasard si, quelques semaines plus tard, alors que je n’attendais plus rien de cette étape si riche par son côté rock n’ roll, ces rencontres étonnantes et fructueuses, je me retrouve dans le bureau d’un autre breton, directeur du Casino de Megève, il m’achète deux reproductions du dessin de Megève et soumettra mon projet au conseil d’administration afin que je bénéficie d’une subvention de mille euros pour m’aider à améliorer l’Atelier-roulant. |
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Ma traversée
de l’Europe est faite de ces rencontres qui me donnent un cap à
suivre. Mes bretons sont comme les bouées hurlantes que l’on
croise au bord de leur côtes, vous ne pouvez pas les manquer, elles
vous crient non ! pas par là , viens plutôt par ici… |
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Désolé Bruno si je n’ai pas pu respecter les délais que je m’étais fixés mais sache que j’ai travaillé d’arrache-pied pour que le nouvel Atelier-roulant puisse voir le jour et que j’espère un jour prendre la mer avec toi. Cela peut vous sembler étrange et à moi aussi d’ailleurs que je parle de bretons alors que je raconte la Haute-Savoie, mais c’est une particularité de ce métier, d’artiste voyageur à laquelle j’ai dû m’adapter car je ne m’y attendais pas. Je n’arrive pas quelque part sans rien, je porte toujours en moi les stigmates des étapes précédentes et c’est ce qui est beau car le public est tout aussi curieux de mon passé que de ce que je vais faire chez eux. De plus, d’un point de vue pratique, la peinture ne va pas aussi vite que le scooter ou le triporteur malgré leur lenteur. Parce que je vis les choses, et ensuite je crée, je vis et je crée. Je n’ peux que rarement créer et ensuite vivre (mais çà arrive, çà s’appelle avoir une vision.) |
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| C’est ainsi que souvent, au début de chaque étape je me retrouve à vendre du Uzès à Megève, du Genève à Meyrueis, du Megève à Angers. Donc pourquoi ne pas parler de Bretagne en Haute-Savoie ? Sachez encore et après j’en aurai fini avec çà, jusqu’à la prochaine ‘bouée hurlante’ que celui qui a créé ce site s'appelle Pierre MÉVELLEC et revendique aussi cette âme et sensibilité bretonnante. |
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